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Coronavirus : bien vivre le déconfinement

La phase de déconfinement est amorcée et ce retour à une vie presque normale peut générer de multiples angoisses : la peur de la contamination, la crainte des autres, se réadapter à son travail, accepter que ses enfants retournent à l’école.

Les phases psychologiques du déconfinement

Tout comme pour le confinement, le déconfinement implique un bouleversement dans nos routines. Pour y faire face, nous traversons habituellement différentes phases qui peuvent varier en fonction de chacun.

  • la phase d’inquiétude : un changement survient et remet en question les habitudes mises en place pour se sécuriser.
  • la phase d’opposition activée par la peur et la colère : est-on réellement hors de danger ?
  • la phase d’acceptation : une fois confronté et habitué à la situation anxiogène, il sera possible dans la plupart des cas de prendre du recul et d’apprécier les bénéfices de la situation. Ceux-ci prendront petit à petit le pas sur les inconvénients et les peurs.
  • la phase de découverte : lorsque la situation est pleinement acceptée, il est à nouveau possible de se projeter dans le futur avec un sentiment de sécurité.

La peur de la contamination et la peur des autres

Sortir dans les lieux publics, prendre les transports en commun, retourner travailler, accepter que ses enfants fréquentent l’école impliquent de se trouver en contact avec d’autres personnes. Or jusqu’à lors, l’injonction de nous confiner et de limiter les contacts avec autrui, source de contamination et de propagation du virus, nous a été donnée. Difficile pour certains de revenir simplement en arrière. En effet, les mois de confinement peuvent avoir des répercussions psychologiques et réveiller les peurs.

La crainte d’être contaminé par une personne malade est importante. Le fait d’emprunter les transports en commun peut augmenter cette inquiétude car c’est un espace clos qui ne nous permet pas toujours de maintenir la distanciation sociale.

Les réactions courantes à la peur sont la tendance à juger, à devenir méfiant voire agressif. Le déconfinement pourrait dès lors inciter ce type de comportement asocial et/ou augmenter le risque de développer des troubles anxieux comme l’agoraphobie (peur de la foule) ou des troubles obsessionnels compulsifs (lavage des mains, décontamination des objets).

Se réadapter à un environnement de travail

Même si le télétravail reste une option privilégiée par beaucoup d’employeurs, la phase de déconfinement va marquer la possibilité d’un retour physique au travail. La bulle de sécurité qui a été construite tant bien que mal lors du confinement va soudain éclater alors que nous nous étions habitués à rester chez nous, préservés des dangers extérieurs.

La phase de déconfinement peut être perçue comme une opportunité de changement dans un sens positif. En effet, suite à la crise traversée, il est probable que certains employeurs soient plus réceptifs à des aménagements professionnels et cela peut être le moment propice pour en parler avec son patron (aménagements des horaires, télétravail). Penser à ses besoins et faire en sorte que le travail s’y adapte plus harmonieusement peut être un objectif du déconfinement.

Le risque de développer des comportements impulsifs

La phase de confinement a induit des privations jamais connues auparavant et généré beaucoup de frustrations. Le passé nous a montré après de grandes crises ou des périodes de guerre que les populations éprouvaient un besoin de surconsommation.

Par conséquent, il est probable que le déconfinement augmente les comportements impulsifs et excessifs. Ces comportements pourront être différents en fonction de chacun : l’envie de faire des achats dans les magasins, de faire la fête, de sortir. Nous allons d’une certaine façon tenter de compenser les occasions manquées lors du confinement. Pour la plupart, cette euphorie va s’estomper petit à petit pour retrouver l’équilibre d’avant.

Bien vivre le déconfinement

  • Considérer le déconfinement comme une opportunité de remise en question et de changement positif : le confinement a permis à beaucoup de personnes de prendre du recul et de faire le point sur leurs aspirations personnelles, de davantage s’écouter et de mieux identifier ce qui est essentiel à leur épanouissement. Le déconfinement peut représenter un nouveau chapitre de vie avec des projets et des façons différentes de fonctionner au quotidien.
  • Continuer à faire des projets et à tenter de les concrétiser activement : reprendre le cours de sa vie et se projeter positivement dans l’avenir indiquent que la crise n’est que transitoire. Il est important de sortir de cette parenthèse et de concrétiser à nouveau des objectifs de vie à court, moyen et long terme.
  • Se rassurer : la peur ressentie face à l’épidémie de coronavirus est légitime. Cependant, il est important de pouvoir petit à petit sortir de cet état d’alerte, se poser la question de ce qui nous fait encore peur et de mettre tout en place pour tenter de la minimiser et trouver les stratégies pour y faire face.
  • Communiquer : il est important de parler de ses peurs avec son entourage. Si ce n’est pas possible et/ou que l’on se sent paralysé, des professionnels (médecins traitant, psychologue) peuvent être à l’écoute.
  • Réinstaurer des habitudes et des rituels : le confinement a chamboulé nos routines rassurantes. Il va être essentiel de les remettre en place voire d’en créer d’autres. En effet, dans les premiers temps, la vie ne reprendra pas son cours à l’identique. Il est important d’en avoir conscience et d’amorcer les phases de deuil et d’acceptation afin de nous permettre de mieux vivre le déconfinement et d’aller de l’avant.


Mélanie SAEREMANS (Psychologue)

Source : www.secunews.be